Qui connait vraiment Franz Kafka ?

 

 

 

 

Qui connait vraiment Franz Kafka ?

 

Qui s’est demandé  pourquoi il était ...

 

 

SEUL face aux sarcasmes du Père, quincaillier parvenu, grossier et méprisant des choses de  l’écriture.

 

SEUL face à l’inutilité méprisante dont celui-ci l'accuse.

 

SEUL face à la distance d’une mère qu’il ne peut appeler Mutti (maman).

 

SEUL face à une famille où son unique soutien est sa petite sœur, Ottla.   

 

 

 

SEUL face à son emploi d’assureur* qui lui mange son temps d’écriture.

SEUL face au judaïsme dont il ne sait rien et voudrait tant connaître.

SEUL face à ses amis qui l’adorent mais à qui il ne veut et ne peut consacrer que quelques soirées. 

 

SEUL face aux femmes aimées et dont (égoïsme ou honnêteté ?) il fuit l’engagement.

SEUL face à l’adversité politique où couve l’explosion totalitaire destructrice.     

SEUL face à la prémonition et à l’absurde de ses écrits.   

 

SEUL face à l’obligation de parler allemand alors qu’il est tchèque de naissance.

SEUL face à son addiction à la VERITE, à l’ABSOLU dont resplendit son regard gris.  SEUL face à la CULPABILITE de ne vouloir accéder au désir du Père.

 

SEUL face à l’emprise de la maladie qui relève de la mortification.

SEUL, encore jeune**,  enfin paisible au Cimetière juif de Prague, soustrait à  l’holocauste qui ne l'aurait pas épargné.

 

SEUL contre tous, il l’est toujours.

 

Incompris. Mal connu. Injustement écarté.

 

 

* Kafka travaille à la Compagnie d’Assurances Generali où il est très apprécié. Aimé de ses collègues. Il invente un système permettant de protéger les mains des ouvriers souvent amputés pour devoir travailler sur des machines dangereuses. 

 

** En 1924, à 41 ans, il meurt de tuberculose probablement due aux nombreuses privations qu’il s’est volontairement imposées.

 

Mon ami Kafka - Marie-France Arnold -  Presses de Valmy - 2004.

 

 

 

 

***

 

 

Avoir la mine patibulaire

 

Une mine patibulaire ?

 

Air peu recommandable qui incite à la méfiance ...  susceptible de mériter la pendaison à la fourche ... 

 

Les Romains attachent à une fourche (patibulum)    les esclaves   condamnés au fouet. Fixés et étendus sur la fourche (patere). Il est ainsi manifeste aux yeux de tous que la punition est bien infligée. Nous en reste l'adjectif patent : dont on ne peut douter.


Le moyen-âge pend le criminel au gibet, branche d'arbre fourchue ou poutre soutenue par deux poteaux. Il est exposé à la population qui constate l'exécution de la sentence de mort du meurtrier. Ainsi que son identité.

Le pendu du tarot  nous interpelle.

 

Les pendaisons sont fréquentes, d'où la construction du Gibet de Montfaucon, au nord-est de Paris, (emplacement approximatif de l'église Saint Laurent, boulevard Magenta, 10è ar.). C'est la haute justice royale destinée aux criminels. Le gibet est utilisé jusqu'en 1650. Les pendus sont visibles, exposés sur une colline (de manière patente !) jusqu'à ce que soleil, pluie, froidure, corbeaux accélèrent la décomposition et que leurs restes tombent dans la "cave". Cela peut durer fort longtemps ! Quant aux femmes, elles  ne sont pas pendues, décence oblige ! Elles sont enterrées vivantes.

 

 

 

Gravure de Charles d'Aubigny, 1844.

 

 

François Villon nous le confirme au XVè s. dans " La Ballade des pendus"   au réalisme glaçant. Ainsi se lamentent-ils. Terreur de cette horrible mort mais aussi  de l'enfer qui les attend !

 

 

"...  La pluie nous a débués et lavés

Et le soleil desséchés et noircis.

Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés,

Et arraché la barbe et les sourcils.

Jamais nul temps nous ne sommes assis

Puis ça, puis là, comme le vent varie,

A son plaisir sans cesser nous charrie,

Plus becquetés d'oiseaux que dés à coudre.

 

Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre ! "

 

 

***

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

  •  

 

 

  •  

 

 

 

 

 

 

 

 

Pourquoi Hôpital de la Salpétrière ?

 

Pourquoi  « Hôpital de la Salpêtrière » ?

Nous sommes au 14è siècle. L’humidité qui sévit  dans Paris depuis des siècles est considérable.  Elle est cause de la   formation de nitrate de potasse, le salpêtre*.  Nocif  certes  mais utile ! Indispensable à la fabrication  des munitions. Le Fermier Général, mandaté par le  Roy, récolte  sans aucune rémunération  le salpêtre chez l’habitant. Tous les 14 mois. Une obligation. Monopole d’Etat !

Il est entreposé dans un arsenal,  producteur de poudre à canon,  jusqu’en 1656 où Louis XIV le fait transférer  à la Cartoucherie de Vincennes.

Dès son transfert, l’arsenal est détruit et sur le terrain est alors construit l’Hôpital de la Salpêtrière qui n’a aucune fonction médicale ! Son rôle est d’accueillir -  à moins que ce ne soit d’exclure -  enfants, orphelins, mendiants et marginaux ainsi que  femmes de « petite vie ». Y sont  « détenus »  8.000 exclus.

"Conduite des filles de joie à la Salpêtrière"  par Etienne Jeurat.1755

 En 1612 - a déjà été aménagé, non loin de là**,  un autre lieu d’accueil de mendiants et orphelins.  L’Hôpital de la Pitié, sous la protection de Notre-Dame-de-la-Pitié.  En 1657, il est  déclaré dépendance et  annexe de l’Hôpital de la Salpêtrière.

En 1896, on bâtit un nouvel Hôpital de la Pitié,  jouxtant  celui de la Salpêtrière et dont l’inauguration a lieu en 1913. Les deux hôpitaux fusionnent en 1964 - officiellement dénommé Groupement hospitalier Pitié-Salpêtrière-Charles Foix  en 2012.

"Une leçon clinique de Charcot"  par André Brouillet en 1887

A la fin du 19è siècle, Charcot fonde la célèbre Ecole de Neurologie de la Salpêtrière.  Il y enseigne (à l’intérieur de l’asile) l’hystérie et les troubles psychiatriques qu’il considère comme étant des troubles neurologiques.

Les malheureux patients  sont objets d’exhibition et d’amusement  dont la Presse de l’époque et le Tout Paris bourgeois sont friands. En témoignent  le Bal des Folles et le Bal des Enfants Epileptiques, organisés pour la Mi-Carême.

" Le bal des folles à la Salpêtrière   "  par José Belon,

Paris 1890

1921, l’asile d’aliénés est fermé.  L’hospice est dissout en 1968.

*Du nom latin  salpetrae,  sel de pierre.   La collecte obligatoire du salpêtre  ne cesse qu’au début du  19è s. lorsque le chimiste Lavoisier découvre le  composant  de la poudre à canon qu’il  nomme azotate ou nitrate de potasse.

** Sur l’emplacement actuel de la Grande Mosquée de Paris, quartier du Jardin-des-Plantes du 5ᵉ arrondissement.  

***

La Basilique Saint-Denis

 

La Basilique Saint-Denis.

 

Dans Paris ne subsiste aucun temple celto-gaulois.

 

A part quelques vestiges sauvés du désastre (une colonne du Temple dédié à Mercure et réemployée dans l’église Saint-Pierre de Montmartre), il ne subsiste rien des monuments païens. En Occident, on ne bâtit pas sur des ruines mais on conserve l’espace qui lui, est sacré. Et sur cet espace sacré, on érige d’abord un simple sanctuaire. Remplacé ensuite par une église. Dès le 4è s., si ce lieu de culte possède le siège dédié à l’évêque, la cathèdre, il devient cathédrale.

 

A l’époque, un tel édifice (de style roman) ne représente pas un espace exclusivement religieux. Il est le centre d’un diocèse aux multiples fonctions : urbaine, administrative, hospitalière, scolaire et chanoinesque.

 

Au 9è s. ces différentes fonctions s’autonomisent, laissant au religieux la prédominance. C’est ainsi que l’Eglise s’enrichit considérablement et fait poids, face et surtout contre le pouvoir royal.

 

Au 12è et 13è s. l’édifice roman lourd, sombre et pesant est remplacé (détruit ou transformé) par un nouveau style correspondant à un changement d’état d’esprit. Elancé, clair et lumineux, il est dit gothique (goth=barbare). A Paris, et sous l’influence de l’Abbé Suger, la lumière y entre à flot afin que l’âme s’élance aisément vers les ogives, le ciel, le divin.

 

Qui est Suger ?

 

Suger est un oblat confié à l’abbaye Saint-Denis par ses parents qui sont pauvres et ne peuvent assurer son instruction. Il partage sa scolarité avec le futur roi Louis 6 (Le gros) dont il deviendra plus tard le conseiller-architecte. Ainsi naît la Basilique Saint-Denis.

 

Oui mais pourquoi ériger, là précisément, une abbaye et une basilique, alors qu’il n’y a aucune ruine de temple païen ?

 

C’est approximativement l’endroit où Saint Denis céphalophore (3è s.) s’écroule épuisé, au pied de la butte Montmartre, après le périple que l’on connaît ! Là où Sainte-Geneviève fait bâtir un premier sanctuaire au 5è s. Le sanctuaire devant être protégé et entretenu, une abbaye est tout naturellement construite pour en assurer l’entretien.

 

Ainsi en est-il des principales églises de Paris.

 

Toutes entretenues à l’origine par des congrégations religieuses.

 

***

 

 

 

Croisière de Haute-Lune

 

 

 

CROISIERE DE HAUTE - LUNE

 

 

… Avec précaution, Aurore avance dans la boue hostile du marais et lorsque ses pieds nus sont happés dans un bruit de succion par la vase où ils cloquent comme des ventouses, son corps se casse. Il se casse. Trébuche. Patauge. Jure. S’accroche aux osiers qui refusent la prise convulsive de ses doigts … quand retentit une rumeur terrifiante.

 

- Qui est là ?

 

Aucune réponse … mais la rumeur grandit, effrayante. Coassante … Banale et légitime contestation d’une tribu de grenouilles furibondes d’être dérangées dans leur aquatique domicile ! Le marécage hostile se rebelle contre l’intruse - pourtant familière. La diablesse pousse alors un ricanement strident dont l’écho sarcastique réveille le peuple du marais - à l’instant même où elle détache la barque amarrée sur un champignon solitaire et géant … à grand-peine une dérive hasardeuse dans le margouillis belliqueux où surgit soudain une sarabande carnavalesque d’êtres difformes qui la précèdent en riant, de grimaces en entrechats … des nains, des velus, des bancroches … des cagneux, des bossus, des cyclopes …

 

Aurore brandit la perche avec colère et fauche les gnomes qui s’éparpillent en hurlant dans les roseaux.

 

Et tout là-haut, la lune éclaire la scène comme au mi-temps du jour.

 

… La voie est libre maintenant mais Aurore est seule. Souverainement seule à poursuivre sa quête, guerroyer contre les fantômes, à franchir le Styx de sa démence, sombrer dans le ventre de son enfer … et ce même enfer distrait son attention … la barque heurte la berge encombrée de bois morts et s’immobilise. Surprise, la jeune femme chancelle, fend l’air de ses bras décharnés, s’affole et sa raison déréglée découvre une nuée d’araignées hideuses et blanches qui, dans une tarentelle endiablée, entrelacent leurs pattes velues en un canevas animal … tandis que des bambous complices s’insèrent benoitement dans la trame légère. Elle, et son inexorable cauchemar, sont dorénavant englués dans une prison étrange sur une barque immobilisée.

 

Prise au piège, Aurore piétine et s'impatiente tandis qu'une chauve-souris placide l'observe du haut de son perchoir ... le sommet des ...

 

 

Extrait de "Croisière de Haute-Lune"  in 

" Le Vieil Homme et la Lune "

Contes fantastiques pour adultes.

Marie-France Arnold

Publibook - 2013

 

***

 

 

Mouvement des Gilets Jaunes ou nouvelle Jacquerie ?

 

 

Mouvement des Gilets Jaunes ou Nouvelle Jacquerie ?

 

 Quand  la goutte d’essence  fait déborder le réservoir du malaise ...

 

‘’Les Gilets Jaunes ‘’ ?

 

Un mouvement populaire spontané apolitique et pacifique qui se répand comme une nappe d’essence sur le pays.  A l’instar de ‘’La République en Marche’’, le mouvement, parti de rien sauf de la base citoyenne, manifeste sa colère face à l’impôt sur l'utilisation de la voiture, taxes, péages, etc.   qui  écrasent la part la plus démunie de la société, celle qui n'a  aucun autre choix que d'utiliser sa voiture pour se déplacer. L'Etat n'a pas assuré à tous les territoires le transport en commun pour tous. Ne reste que la voiture et ses charges incompressibles et dévoreuses de budgets. La colère a couvé. La colère explose.

 

Ce non consentement à l’impôt fragilise-t-il la démocratie ? Oui et non. Oui, car le consentement à l'impôt en est le fondement, assurant la participation de tous au bien-être collectif et au fonctionnement des services publics. Non, car son refus répond à une demande de transparence et de justice sociale.

 

Le mouvement est-il contre l’écologie ? Non. "Nous acceptons de payer des taxes pour réduire le dérèglement climatique avec des véhicules moins polluants MAIS nous voulons que ces taxes soient reversées et affectées intégralement à cette lutte. Dans le cas contraire, nous sommes pris en otages."

Pourquoi n'est-ce donc pas le  "Mouvement des Gilets Verts" ?

 

L'écologie pure a été dépassée mêlant aisément toutes sortes de revendications autres que celle des taxes sur le carburant. Les nombreux griefs accumulés resurgissent toujours à la moindre occasion.  

Injustice sociale ?

 

Nul n'oublie que les plus riches ont été favorisés par la première mesure du quinquennat. Des taxes pour réduire les inégalités  leur ont-elles été imposées ? Non.  Des contreparties aux avantages reçus ? Non.

L’Histoire se répète.  

 

Jamais identique et pourtant ...

Comment ne pas évoquer « La Grande Jacquerie » qui couve  très longtemps avant d’éclater inquiétante et désespérée - 1358 ?

 

C'est la révolte des Jacques, les vilains*, paysans de nos campagnes  exploités par la Guerre de Cent ans, par les nobles, par les bourgeois, par le Pouvoir Royal indécis, sauf à écraser les paysans modestes de toujours plus de taxes. N’en pouvant plus, le peuple se lève,  sème  la terreur en montant sur Paris pour tout saccager.                                                                                                                                                                                                        Le "Mouvement des Gilets Jaunes" s’est rapidement répandu en France. Collectif  sans chef. Sans leader. Sans interlocuteur face au gouvernement. Amateur dans la gestion  de l’insécurité et des débordements habituels où les extrémistes se font toujours  un plaisir de  décrédibiliser toute manifestation.  Naïf ? Non. Sincère. Les abus d'un gouvernement en matière d'équité sociale se paient toujours ... dangereusement ...

 

Souhaitons que le "Mouvemment des Gilets Jaunes,"  face à face rare entre le peuple et son gouvernement, ne soit pas récupéré à mauvais escient !

 

Souhaitons un dialogue constructif et satisfaisant pour les deux protagonistes engagés dans un bras de fer dont il est toujours difficile de sortir la tête haute !

 

Souhaitons que la population ne se révolte contre les dégradations qu'elle subit gravement et n'affronte elle-même les Gilets Jaunes ... car ce serait la guerre civile ... dramatique ... et que la France a cependant vécue à la Révolution.

 

* Un « vilain »,  dénommé sous le sobriquet de  jacques – sans doute dû au port de vestes courtes, les jacques, prit la tête du soulèvement massif des campagnes pauvres du nord du pays.

 

***

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Connaissez-vous le village de Cailhau ?

 

 

 

Connaissez-vous le village

de Cailhau ?

 

 

 

Entre Limoux et Castelnaudary, en plein cœur du Razès en Languedoc-Roussillon, dans l’Aude, ce village en circulade (tout en rond), en hauteur, face à la blancheur mystique de la chaine des Pyrénées, fait partie d’une trentaine de villages.

 

 

 

 

L’ensemble de ces villages formait un castra. Des textes en attestent l’habitat dès 779. Selon toute vraisemblance, sur le point culminant dénommé La Motte, existe à cette époque un castellum. Aujourd’hui, reste un moulin à vent restauré et entouré de traces d’anciens silos médiévaux.

 

 

L’église construite en 1088, dédiée à Saint Christophe, est toujours une merveille du genre. Sans doute érigée sur les ruines du castellum.

Un clocher y est ajouté au 13è s. Et ce clocher a la particularité d’être couvert de tuiles en céramique verte, héritage du passage des Maures. Ces mêmes tuiles sont remplacées par d’autres tuiles plates identiques, cuites par les artistes de Vallauris en 1925, après qu’un orage ait endommagé la toiture.

 

Une échauguette en brique rouge (18è) tient à rappeller l’ancienneté médiévale de l’édifice bien que le 19è en transforme l’intérieur en gothique et y ajoute des chapelles latérales. Peintures murales et sobre décor de frises créent une atmosphère sobre, personnalisée et chaleureuse. Une des cloches de l’église, datée du 16è s, est classée par les Monuments Historiques.

 

Soucieuse et fière de son patrimoine, la municipalité engage la réfection du clocher en 2002.

 

Cailhau est un village de 200 âmes auxquelles se mêle une importante communauté anglophone. Cailhau est aussi un village  d’artistes. Il entretient le souvenir d’Achille Laugé qui y vécut de nombreuses années avant de s’y éteindre en 1944, après avoir peint de nombreuses toiles de la région.

 

 

 

                                            "Les toits rouges près de Collioure"

 Achille Laugé.

 

 

***

 

 

Teck brésilien et sa fève tonka

 

 

Teck brésilien et sa fève tonka.

 

         Arbre du nord de l'Amérique latine et de Guyane au bois extrêmement dur et au grain très fin. Utilisé de ce fait en construction navale. Cet arbre ne pousse qu’en forêt où a lieu la récolte quand les fruits mûrs tombent naturellement à la fin de l’hiver. A l’aide d’une pierre, la bogue est brisée pour retirer la fève brun-grenat.

Sa pulpe est couleur ivoire.

Après maturation, la fève séjourne dans du rhum avant d'être séchée. Le parfum qui s’en dégage est puissant. Celui de l’amande amère. Son effluve est si dense qu’on l’utilise en parfumerie … mais pas seulement.

       Ce fruit, rare et recherché est coûteux. Il est aussi appelé coumarou, d’où l’on extrait la coumarine.

La coumarine est l'élément actif de la fève tonka. C’est cette substance naturelle puissamment aromatisante qui est parfois substituée au musc en parfumerie ou associée au patchouli, à la rose ou au santal. Grâce à ses propriétés, la fève tonka est reine en cuisine et pâtisserie, dans les boissons alcoolisées et ... les cigarettes mais aussi dans les cosmétiques.

 

Les vertus de la coumarine ne se limitent pas à cela.

 

     Les autochtones font macérer les fèves dans du rhum pour guérir les morsures de serpents ou encore les rhumatismes. Bactéricide, la coumarine atténue également la toux et, pour cet usage, est transformée en gommes. Elle serait également tonique pour le cœur.

     On la trouve en poudre … qui s’évente malheureusement. Il est donc recommandé de l’utiliser entière. La râper sur un dessert, une purée, une sauce, un plat mijoté ou une boisson lui conserve toute sa saveur et son odeur. Un plus qui surprend vos invités …

     Bref une fève « sert à tout » qui pourrait se révéler toxique mais, heureusement, à des doses tout à fait inhabituelles.

 

Donc à râper … sans modération !

 

 

 

Teck brésilien

 

                                                   

 

Fèves mûres

 

***

 

 

Le Piton de la Fournaise à La Réunion.

 

 

 

 

     Le Piton de la Fournaise

 

à La Réunion.

 

 

 

 

 

 

 

 

Impressionnant ce grand cirque désert couleur chocolat brûlé  (30 km de diamètre à 2.630 m d’altitude) ! On marche sur un tapis de  pierraille de plus en plus grosse  au fur et à mesure qu’on se rapproche du cratère.

 

 

Le magma est en fusion ... Les bulles de gaz qui y sont dissoutes s’organisent pour occuper toute la place et le propulser ainsi à la surface. Ayant alors perdu son gaz  le magma  devient  lave   (du latin  labes = éboulement). Voilà pourquoi la pierre de lave est si légère !

 

 

Le Volcan Rouge, comme on l’appelle, n’explose jamais en nuées ardentes comme fit le Vésuve, détruisant Pompéi en un temps record. Ici, seules des coulées de lave en fusion se répandent environ tous les 8 ou 9 mois. C’est ainsi l’un des volcans les plus actifs au monde.

 

 

 

Certes, danger pour l’imprudent qui se trouve sur leur trajectoire. Par contre, elles coulent relativement lentement ce qui permet de s’échapper à temps.

 

Lorsque la coulée affronte le froid de l’Océan indien, elle se solidifie. Recouvre les rochers d’une couche granitée sur laquelle il est difficile de se déplacer.  Le refroidissement donne à la roche volcanique une teinte encore plus sombre, brun noir (bien visible sur la photo ci-dessous). Couleur due aux métaux ferromagnésiens qu’elle contient. Pour les géologues, ce sont des picrites.

 

En s’échappant de la roche en fusion, les gaz ont creusé une énorme porosité, des trous à travers lesquels la force de la vague s’engouffre avec bruit pour rejaillir   à   plusieurs mètres de haut. Ce sont les souffleurs.  Les plus spectaculaires se trouvent à Saint Leu.  

 

 

(photos personnelles)

 

Le Piton de la Fournaise est actif et l'un des volcans les plus surveillés au monde.

 

 

***

 

Le bois pétrifié de Madagascar.

 

Le bois pétrifié de Madagascar.

 

Comme la Namibie ou l’Arizona aux Etats-Unis,

Madagascar possède plusieurs réserves de bois minéralisé qui fait l’objet de contrôles et d’autorisation de sortie du territoire par l’Office des Mines.

 

Mais d’où vient cette curiosité plutôt rare dans le monde ?

 

     Durant plusieurs milliers d’années, des forêts géantes poussent sur les rives fluviales ou marines. Lorsque les arbres meurent, ils restent sur le sol et sont progressivement engloutis sous les eaux et les sédiments qui les recouvrent.

 

     Sous la profondeur et la pression des sédiments d’enfouissement, une température d'environ 50 degrés vide le végétal de son eau. Et de son carbone. Ainsi, la silice du sol s’immisce et imprègne l'arbre lui conservant sa structure. La silice venant du grès, ou le carbonate  issu des calcaires, (tout dépend de la région) se mêlent aux autres composants locaux. Par exemple, du fer imprègne la silice et la colore en brun rouge.

     Si l'enfouissement est marin, des ammonites peuvent être  prises dans la pétrification sous forme d’inclusions, comme sur la photo ci- dessous.

     La lenteur de la minéralisation permet au bois de conserver ses stries ainsi que les cernes signant son âge.

 

Ci-dessous, à gauche, détail des inclusions.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plaque provenant du bassin de Majunga, dans l’Isalo,

au nord-ouest de l’Ile Rouge   (collection personnelle).

 

 

Sur le Zoma, marché hebdomadaire du vendredi à Tananarive,   on trouve aisément  plateaux de table et plaques polies, jeux, objets, etc. que les vazas (les étrangers) achètent  afin de les rapporter chez eux.

Il y sont autorisés moyennant le paiement d’une taxe et à condition que l’une des faces de ces objets ait été sciée, travaillée et polie dans le pays.

 

Cependant il n'est pas rare de trouver des spécimens non polis vendus de manière illicite comme cette tranche de branche à l'état brut.

 

 

    

Collection personnelle.

 

Madagascar est un pays d'une richesse inouie et malheureusement méconnu.

 

 

***