« Homme, si vous êtes vraiment, comme vous le décrivez, le roi des animaux, - j'aurai dit plutôt le roi des brutes, la plus grande de toutes - pourquoi prenez-vous vos sujets et enfants pour satisfaire votre palais, pour des raisons qui vous transforment en une tombe pour tous les animaux ? […]
La Nature ne produit-elle peut-être pas en abondance des aliments simples ? Et si vous ne pouvez pas vous contenter de tels aliments simples, pourquoi ne préparez-vous point vos repas en mélangeant entre eux ces aliments d'origines végétales de façon sophistiquée ? »
Tiré de "Quaderni d’Anatomia" II 14
Autoportrait (attribué à L. de Vinci) entre 1512 et 1515.
Il y a bien longtemps, existait à Paris un passage (1 m 40) entre la rue du Faubourg Saint-Martin et la rue du Château-d’Eau (10è ar.). A la suite d’un décès (1896 ?) un conflit éclate au sujet des droits de succession dont sont redevables les héritiers sur ce passage (jugé sans intérêt). Nul ne sait le résoudre et aucun ne veut payer ... Les querelles ne règlent pas le problème jusqu’à ce qu’une idée jaillisse pour contourner le fisc !
Supprimer le passage en y construisant une habitation.
L’étroitesse du projet ne gêne personne et l’affaire est conclue. Ainsi, entre deux immeubles, s’insère une étroite maison de 5m. de haut seulement, afin de limiter les frais de construction à un seul étage. La profondeur de la maison est minimale : 3 m. La chambre du premier étage n'étant accessible que par l'immeuble du n° 41 mais peu importe !
L'histoire ne dit pas s'il était agréable d'y vivre !
L'astuce fiscale était, par contre, intéressante ...
"La Nature" - déc. 1896.
On peut voir cette étroite maison au 39 de la rue du Château-d’Eau – M° Château-d’Eau.
A l’époque où la Bièvre coule encore en surface pour se jeter dans le Seine, bordée des tanneries et teintureries du 13è s. aux odeurs et rejets immondes, elle s’écarte à cet endroit précis en deux bras enserrant un ilot. On l’appelle "Ile aux singes". Y a-t-il réellement des singes (comme il y a des ours dans Paris) ou les « singes » en question ne sont-ils que les patrons tanneurs ? Certains disent que de vrais singes lâchés en toute liberté pour amuser les clients des guinguettes de l'époque ?
En 1938, la Ville de Paris assainit cet ilot malsain après avoir déjà enfermé la Bièvre de manière souterraine** en 1912. Le terrain de l'ile appartient à la Manufacture des Gobelins limitrophe et au Mobilier National qui le jouxte. Il est rapidement transformé en jardins potagers puis en un jardin public, baptisé Square René Le Gall. Actuellement, le jardin est un lien de verdure et de jeux pour les enfants. On peut y voir un superbe marronier classé aux Monuments Historiques.
photo wikimedia.com
* 28, rue Croulebarbe – Paris 13è ar. M° Gobelins et Corvisart.
** Nous en reste encore la rue de Bièvre (5è ar.) dont l’origine remonte à 1230.
Le Figaro Magazine du 10.02.1996, écrivait le commentaire suivant :
" Celle dont Marcel Jouhandeau parlait comme d’ "un enfer où se mire le paradis perdu", nous a quittés à l’âge de quatre-vingt-huit ans."
Image : miceto.com
Leonor Fini (1907-1996)
Proche des surréalistes et de toute l'intelligentsia artistique du 20è siècle, Léonor Fini restera à jamais " La grande prêtresse du fantastique ".
De mère italienne et de père argentin, Léonor naît à Buenos Aires. Sa mère quitte rapidement le pays pour rentrer en Italie. A Trieste. Léonor passe son enfance au centre d’une bourgeoisie cultivée très cosmopolite.
Elle peint dès l’âge de 17 ans et quitte à 30 ans l’Italie, où elle a vécu plusieurs années, pour s’installer à Paris. Elle y côtoie les surréalistes qui l'influencent mais dont elle n’apprécie pas beaucoup les réunions enflammées.
Amie de Max Ernst, Georges Bataille, André Breton, Paul Eluard et les autres, elle tient farouchement à son autonomie et son originalité, naturellement tournée vers ses fantasmes oniriques qui expriment, de façon parfois dérangeante, l’érotisme, le cynisme ou la cruauté.
L’artiste, plutôt fantasque et réputée «difficile à vivre», s’éteint à Paris le 18.01.1996. Sa passion pour les chats, très nombreux à vivre autour d’elle, se retrouve dans la plus grande partie de son œuvre dont l'autre partie est consacrée aux femmes : tableaux, lithographies, dessins, etc…
" La Dame aux chats" devait en savoir plus que moi sur la vie de ses protégés, ils étaient 17, et aurait bien ri de cette mésaventure cocasse. Mais lequel de tous ces matous gâtés était le plus attentif au bien-être de sa maîtresse ?
André Isaac, dit Pierre Dac - 1893 - 1975 - humoriste et comédien français.
Très célèbre à partir des années 1950 où il présente souvent ses sketches avec Francis Blanche.
En 1938, il publie un hebdomadaire renommé d'annonces loufoques, intitulé
" L'Os à moëlle ".
Pierre Dac est l'inventeur du schmilblick, objet imaginaire "qui ne sert à rien et peut donc servir à tout." Leschmilblickdeviendra un jeu-devinette radiophonique bien connu des français.
Chaussure légère imitée de celle des Algonquins*, indiens d’Amérique du Nord, qu’ils appelaient mockasin ou mokissin.
Image : wanderingbull.com
Algonquin
et
Mocassin.
Image : alloprof
Image : cosmovisions.com
Sur l’autre continent, en Sibérie, les Toungouses** confectionnaient des bottes légères dans la peau des pattes de rennes ou d’élan. Ils les appelaientkamouss ou kamassines.
Nous ne sommes que leurs héritiers.
* En 1650, les Algonquins occupaient encore un vaste territoire qui s’étendait tout au nord du Saint-Laurent, du lac des Deux-Montagnes aux Grands Lacs plus au sud. Ils seraient actuellement environ 12.700 âmes.
Image
Image : vikidia.org
Région des Grands Lacs et le Saint-Laurent.
** Les Toungouses, de type mongoloïde, appartiennent au groupe altaïque qui vivait autrefois aur une grande partie de la Sibérie orientale. Les Toungouses (encore appelésEvenks) sont un peuple de Sibérie. Leur langue est l'evenki, leurs religions sont multiples. Ils sont orthodoxes, lamiques ou encore chamanistes. Ils sont environ 35.000 en Russie et 30.000 en Chine voisine.
Se reporter à "L’exploration de la Sibérie" (Yves Gauthier & Antoine Garcia)
Merci aux 5.000 visiteurs qui m'ont rendu visite depuis les quelques mois où mon blog est en ligne.
J’essaie de le rendre vivant et très diversifié. Je vais continuer, bien sûr, mais j’aurais plaisir à lire quelques commentaires si vous aviez le temps de m'en envoyer.
Krasny signifie à la fois "rouge et beau". C’est donc la belle place. Place belle donc Place rouge et qui concentre de nombreux monuments magnifiques ... dont certains sont bien rouges !
Photo : Alvesgaspar/Travail personnel
Cependant, si l’on retourne dans le passé russe, en 1777 une révolution sanglante y fait plus de 3.000 morts dont le sang versé par le peuple renforce historiquement le terme de krasny ou krasnaïa ! Rouge est le sang.
Unique au monde par sa taille, 52.000 m2, cette place gigantesque est exclusivement réservée aux piétons et concentre la plupart des monuments importants de Moscou.
Centre de la vie publique dès le 15è s.
Le peuple s’y rassemble afin d’être informé des décisions du tsar. La justice y est rendue publiquement. C'est le centre de la vie moscovite.
L’éblouissante Basilique Saint Basile le Bienheureux est construite au 16è s. sur ordre d’Ivan le Terrible. Et au 17è s., grâce à tant de beauté, le lieu de rassemblement populaire devient alors définitivement la