Le Prince Noir à Carcassonne.

 

Le Prince Noir

à

Carcassonne.

 

Image : wikipedia.fr

Edouard de Woodstock.

 

Fils d’Edouard III d’Angleterre, Edouard Plantagenêt naît en 1330 à Woodstock, au début de la célèbre Guerre franco-anglaise qui dure ...  100 ans. Bien que comblé de titres honorifiques *, il n’est guère connu que sous celui de Prince Noir.

 

Il a 25 ans, lorsque son père doit  l’éloigner de son Comté de Chester où, une fois encore, il a fait preuve d’une grande cruauté dans la répression d’une révolte. Et comme la très riche Gascogne, devenue anglaise, donne des signes d’agitation, il y est dépêché en tant que "pacificateur" avec le titre de Lieutenant de Gascogne.

 

C’est ainsi qu’il met le pied sur les territoires du sud-ouest, puis du Lauragais, qu’il va parcourir en tous sens, collectant un butin considérable tout en semant la terreur. Il confirme alors le surnom qui l’identifie depuis son jeune âge**.

Cette région septentrionale (Toulouse, Carcassonne, Narbonne) est extrêmement riche et fournit au roi de France, Jean II, une importante rentrée fiscale qui, venant à manquer, affaiblit considérablement le pouvoir royal face aux appétits anglais.

 

 Image : wikipedia.fr

En rose, les possessions anglaises.

En jaune,

les chevauchées du Prince noir.

  • Après avoir sauvagement pillé l’Aquitaine en 1355 et 1356, le Prince Noir capture Jean II à la bataille de Poitiers en 1356.

 

Usé par les excès de toutes sortes, il meurt dans la fleur de l'âge en 1376, fierté du peuple anglais malgré une cruauté dont la réputation historique inspire plus tard Shakespeare dans une pièce, Henri V, créée en 1599.

 

Ce royal pillard porte à jamais le surnom de Prince Noir qui occulte durablement son véritable nom, en référence à la barbarie des raids où il s’empare des richesses locales après avoir massacré avec sang-froid les populations. Seule la terreur inspirée est à l’origine de son surnom puisqu’il n’a jamais porté d’armure noire*** comme on pourrait le supposer.

 

Image : wikipedia.fr

Le Prince Noir.

* Prince de Galles, Comte de Chester, Duc de Cornouailles, Prince d’Aquitaine et Lieutenant de Gascogne.

 

 ** A la bataille de Crécy qui a lieu en 1346, Edouard  n'a que 16 ans quand il ordonne de massacrer tous les prisonniers français incapables de payer leur rançon.

 

*** Il est enterré dans la Cathédrale de Canterbury où son effigie, une armure de cuivre doré, grandeur nature, orne son tombeau.

Image : wikipedia.fr

 

Effigie du Prince Noir.

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Carcassonne se souvient encore du drame.

 

Au 14è s., le Prince Noir est particulièrement attiré par la richesse de la ville,  premier centre de production textile du royaume. De riches entrepreneurs fabriquent des draps de laine de  moutons élevés dans la Montagne noire et les Corbières. Importante production et grande qualité font  que les drapiers exportent jusqu'à Constantinople et Alexandrie.

 

Hélas, la ville basse, encore appelée Bastide Saint-Louis, n’a pas de murailles lorsqu'arrivent au galop le Prince destructeur et ses mercenaires. Elles ne sont construites qu'en 1359, ce qui explique qu'il est beaucoup  plus facile d'y pénêtrer et de l'incendier que de s'intéresser à  la Cité médiévale, de l'autre côté de l'Aude, depuis longtemps protégée par ses deux enceintes et ses 52 tours.

De plus, elle est beaucoup moins riche que la Bastide Saint-Louis et le  Prince Noir ne voit pas l'intérêt de s’y attaquer !

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Eglises orthodoxes russes de Paris..

 

Eglises orthodoxes russes

 

de Paris.

 

 

Paris intra-muros possède 9 églises chrétiennes de rite orthodoxe. La plus récente étant celle du 1, quai Branly (75007).

Image : wikipedia.fr

Flanquée du Centre spirituel et culturel orthodoxe russe*, construction dont la modernité    s’harmonise avec le quartier du pont de l’Alma et du Trocadéro, la Cathédrale de la Saint-Trinité et son style russo-byzantin élève dans le ciel parisien cinq bulbes élégants recouverts de 90.000 feuilles d’or mat ! Le bulbe principal, surmonté d'une croix orthodoxe, culmine  à 36 m.

 

Image : wikipedia.fr

En 2007, le Président Nicolas Sarkozy et le Patriarche de Moscou, confirmant des liens culturels entre la France et la Russie, décident la construction de cet ensemble religieux qui est exécuté entre 2013 et 2016. Il remplace un édifice de 1931 (15è ar.) dédié aux Trois-Saints-Docteurs-et-Saint-Tikhon-de-Zadonsk.

La nouvelle églie dont la taille s'apparente plus à une grande chapelle qu'à une cathédrale, devient ainsi le siège épiscopal du diocèse de Chersonèse**. D'où le nom de "cathédrale".

 

 

  •  

L’inauguration de la Cathédrale de la Sainte-Trinité est envisagée comme un évènement politique important. Or, surgissent quelques polémiques. On parle de Cathédrale Vladimir, de  Cathédrale Poutine ou encore du Kremlin-sur-Seine ... Les critiques sont acerbes.

 

La présence de Vladimir Poutine pour l'inauguration, fixée au 19 octobre 2016, n'est pas jugée souhaitable par  le Président Hollande après qu'au Conseil de Sécurité des Nations-Unies Moscou ait oppposé son véto à la demande française de trêve en Syrie. Passant oûtre nombre de  tergiversations, la Cathédrale sera bien inaugurée à la date fixée mais ... sans les chefs d'Etat. 

Depuis son ouverture, les visiteurs admirent sans restriction  toutes les merveilles qu'elle contient.

 

 

 

 

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  • En 2018, le Saint-Synode qui, dans la religion orthodoxe est l'institution collégiale au sommet de la hiérarchie, opère une grande réforme. Il crée une nouvelle et imposante juridiction, l’Exarchat d’Europe Occidentale qui comprend les diocèses de  Bruxelles, La Haye, Espagne-Portugal-Andorre, Royaume-Uni et Irlande à la  tête desquels se trouve celui de Chersonèse, regroupant lui-même France, Suisse, Liechtenstein et Monaco.

 

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  • * Le CSCOR abrite un  Centre  administratif et un important Centre culturel, lui-même doté d’un pôle éducatif (école bilingue franco-russe) et de deux salles d’exposition où l’on peut voir actuellement les œuvres de l’artiste Serge  Chepik***.

 

** Chersonèse – ville grecque – actuelle Crimée - évêché byzantin dès le 9è s. avant de passer sous domination turque.

 

** Sergueil Chepik, est né en 1953 et décédé en 2011 à Paris où il vivait depuis 1988. Il est qualifié de "visionnaire". Il évoque le destin des Russes et de la Russie où il est formé à l'Académie des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg.

Image : chepik.com

 

  •  " Cercle jaune."
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Villages en rond.

 

 

Villages en rond.

 

Image :survoldefrance.fr

Village de Gruissan (Aude)

 

Depuis toujours l’homme vit en communauté. Besoin de protection et de partage de nourriture. La notion de propriété individuelle ne semble pas l'effleurer.

 

Pas encore !

 

A partir du moment où il se sédentarise, un habitat devient nécessaire. Il est en branchages, en bois puis en pierre ce qui lui permet de se protéger efficacement de la pluie, du vent et des prédateurs de toutes sortes.

Selon la région où il se trouve, l’homme choisit de préférence une butte pour y bâtir une sorte de tour en bois. Si la région est une vaste plaine, alors il construit une motte de terre surélevée.  Il lui faut surveiller aisément et constamment les alentours. S'isoler de la pluie et de la boue.

 

Le regroupement humain est de taille diverse. S’il est important, le chef habite une tour qui deviendra château fort, tandis que les autres membres de la communauté demeurent autour de ce lieu qu'ils protègent.

 

Lorsque vers les 9è et 10è siècles, l’Eglise toute puissante domine la société, y compris les gouvernants, elle bâtit ses édifices au centre d'un habitat qui tout naturellement s'agrandit et gravite au plus près  pour se mettre sous la protection divine. Ainsi naissent les villages ronds et dans le Languedoc, on les nomme  circulades.

 

Image : cathares.org/

Circulade de Bram.

 

A Bram, dans l'Aude, les maisons mitoyennes, bien alignées et légèrement incurvées, épousent  la direction des ruelles (dans certains villages, elles sont parfois en escaliers), qui se dessinent en cercles concentriques autour de l’église gothique Saint-Julien et Basilisse, construite au tout début du 13è s. sur un édifice cultuel plus ancien.

Aucune ouverture dans les murs ne donne sur l’extérieur du village.

 

Au centre, ou sur le sommet de la butte si tel est le cas, le puits, source de vie, est alors en sécurité. La raison en est évidente : protéger l'eau, indisensable à la survie, contre les invasions de soldats ou de pillards. Et elles sont nombreuses.

 

En Occitanie, le village de Bram est une merveille du genre avec ses trois cercles de ruelles qui enserrent l’Eglise.

Si la circulade de Bram est  relativement récente (12è - 13è s.),  un village existe déjà à l’époque où les Romains exploitent la région. En effet, Jules César écrit que les Volques Tectosages, mercenaires celtes d’Asie mineure, sont arrivés au 3è s. avant J.C. pour s’installer dans la vallée de la Garonne. Ce vicus s’appelle Eburomagos*.

 

Une dalle du 4è s. atteste bien l’existence du vicus Eburomagus, situé dans une vaste plaine  (magos) où se tiennent d’importants marchés de vins et de poteries sigillées, à vernis rouge, fabriquées** dans le village même et ses alentours. L'importance du vicus est attestée par la présence d’un temple, de thermes et d’un théâtre que des fouilles archéologiques ont confirmés.

Image: wikipedia.fr

Dalle en marbre de l'époque romaine. Découverte en 1969, elle porte la dédicace attestant de la présence du vicus Eburomagus.

 

Au 12è s, le village accueille un Seigneur dont le château  affronte sa  puissance à celle de l’église.

Les Huguenots envahissent Bram à la fin du 16è s. et s’approprient l’enclos seigneurial après avoir repoussé les catholiques de la Ligue.

Au 18è s., on atteste la présence du  dernier vestige de ce château seigneurial, une tour qui sert de prison. Un nouveau château est construit par la famille de Lordat qui conserve son droit seigneurial jusqu’à la Révolution de 1789.

 

* Magos, en gaulois, signifie plaine où s’installe en général un marché. Eburo est l’if. Eburomagos : le marché de l’if. Bram, qui est d'abotd Brom, peut donc être la contraction de ces deux termes.

Image : wikipedia.fr

  Bram  - Aude - 11000 - Occitanie.

** Un Musée de l’Archéologie regroupe de nombreux objets témoignant de la richesse de la région de la Préhistoire à la fin du  Moyen-âge et en particulier des poteries, sigillées ou non, de l'époque romaine.

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Image : wikipedia.fr

Musée archéologique de Bram.

 

Les colons Romains se construisent des villas dans lesquelles on utilise de la vaisselle en céramique fine dont la fine pellicule d'argile est très riche en oxyde de fer. Lors de la cuisson à four ouvert, la céramique se vitrifie en se recouvrant d'un vernis rouge plus ou moins foncé et imperméable.

Selon sa fonction, la poterie est unie ou ornée de décors en relief. Rapportés, moulés ou imprimés. Parfois d'inspiration mythologique.

Image : ladepeche.fr/

Céramique sigillée et poinçons

de la Gaule romaine (Gaufresenque).

La vaisselle des grandes familles porte  le sceau du propriétaire, en latin, sigillum, d'où le mot sigillé. Elle correspond à des utilisations spécifiques : préparer, cuire, servir, consommer.

Les liquides comme  le vin, l'huile, l'eau sont  conservés au frais dans des amphores. Afin de maintenir la fraicheur des liquides, la poterie doit demeurer "nature" afin que les échanges de température s'effectuent à travers ses parois.

 

Image : google.fr/

Amphores du Musée archéologique de Bram.

L'Occitanie compte de très nombreux villages en rond ou circulades. 58, de tailles diffrentes,  sont répertoriés dans 6 départements.

L'un d'eux, fut le berceau du peintre Achille Laugé, peintre post-impressionniste décédé à Cailhau en 1944.

 

 

 

 

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Ce que raconte le Pilier des Nautes.

 

Ce que raconte

 

le Pilier des Nautes.

 

 

Tous les éléments naturels impressionnent le Parisii. Arbres gigantesques et sombres forêts, tonnerre et foudre, pluie et inondations, soleil, lune et sa transformation quotidienne  ... tout est pour lui régi par un personnage divinisé à l’image de l’homme, dont les pouvoirs sont sur-humains et avec qui il est préférable d’être en bons termes ! D’où les offrandes, les rites et sacrifices destinés à être agréable à tous ces "gestionnaires spécialisés" pour éviter leur colère. S'assurer de leur bonne volonté et de leur protection.

 

Ce sont les dieux gaulois

 

sculptés sur le Pilier des Nautes.

 

Afin de faire connaissance avec trois d’entre eux, rendons-nous chez les Abbés de Cluny, actuel Musée du Moyen-âge* dans le 5è arrondissement de la capitale.

 

Image : wikipedia.fr

Hôtel de Cluny - Musée du Moyen-Age.

 

 

Dans le frigidarium romain, vestiges des Thermes que longe le Boulevard Saint-Michel, on peut voir quatre morceaux de pierres cubiques dont l'ensemble forme le Pilier des Nautes. Il est érigé à la gloire de Tibère sur l’île Sainte (Ile de la Cité), en 14 ap. J.C., par la toute puissante Corporation des Bateliers dont la Seine est le centre de son activité commerciale et qui décide d’honorer le nouvel empereur romain, en siège dans la Civitas parisiorum, Cité des Parisii. Une telle initiative   affirme officiellement sa propre culture celto-gauloise ! Sa puissance indéniable face à l'envahisseur.

 

Beau coup diplomatique.

 

 

Certains blocs sont incomplets mais d'autres représentations mythologiques de la même époque permettent une reconstitution fidèle des  personnages d'origine.

 

Image : researchgate.net/figure/

 

 

Ainsi, nous découvrons un dieu manuel qui protège le vaste lieu de vie boisé des habitants. Un bûcheron. Il répond au prénom d’Esus - un beau costaud barbu que nous voyons à l’œuvre - il élague un arbre avec une serpe. Son champ d'action correspond  aux très nombreuses forêts qui entourent la civitas. Les essences qui y pousssent se retrouvent dans la pérénité des municipalités actuelles ... Le Chesnay, Herblay, Aulnay sous bois, etc...  

 

Image : lang-litt-liv.over-blog.com

Esus

Le second, dont ne reste que la tête, est un intellectuel, un philosophe, un sage assis en tailleur. Cernunnos. Le dieu cornu. Il porte des bois de cerf car il vit dans la sérénité des sylves profondes et silencieuses. Grâce à sa présence sur le chaudron de Gundestrup, on peut reconstituer son personnage et la symbolique qu'il représente. Sur ses genoux, une bourse (ou une corne d'abondance) répand de la monnaie comme si l’accès à la connaissance et à la sagesse avait un prix. Un cordon la relie à ses oreilles, réceptacle de la parole, tandis que des torques** gauloises ornent ses cornes.

 

Image : wikipedia.fr

Cernunnos sur le Pilier des Nautes.

 

Image : wikipedia.fr

Cernunnos sur le chaudron de Gundestrup. 

 

Le troisième ? Smertrios, un tout jeune homme qui s’apprête à écraser la tête d’un serpent.   Protecteur dans lse combats guerriers et pourvoyeur de richesses que ne manquent pas d’apporter ces mêmes combats. C’est aussi lui qui protège les troupeaux.

 

Image : /archeologie.culture.fr/ 

Cliché ©A. Chauvet / C2RMF. Dessin ©J.-P. Adam

Smertrios reconstitué.

 

Pour les Parisii, gaulois matinés de celtes, ces trois divinités ne sont pas seules. La plus importante est évoquée sur un autre bloc où un taureau porte trois grues sur son dos. Il se nomme Tarvos Triganarus – le dieu au taureau, compagnon inséparable de Teutatès*** qui exige des sacrifices humains sanglants. Teutatès, encore appelé Dis-Pater, est le chef. Le Père de tous les dieux. Celui qui régit la vie de l'homme face aux aleas climatiques.

 

Image : fr.wikipedia.org/ 

Tarvos triganarus.

 

Comment le savons-nous ?

 

Grâce aux scènes que des artistes celtes ont gravées sur pierre ou métal et en particulier celles, extrêmement explicites, qui sont représentées sur un ustensile, ou objet de culte, un chaudron.  Le célèbre "chaudron de Gundestrup" **** se lit comme une bande dessinée. Il raconte la nature des sacrifices humains pratiqués sous la houlette de Teutatès.

 

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* Entrée rue Sommerard, nom du collectionneur éclairé qui loue en 1833 les six pièces du premier étage de l’Hôtel des Abbés de Cluny pour y exposer ses collections à l’intention du public. L’Hôtel est construit, par les Abbés de Cluny, sur une partie des ruines des Thermes romains, achetés en 1334, pour y bâtir un pied-à-terre parisien.

 

** Les torques sont des colliers, ou bracelets, en fils métalliques tordus sur une épaisse tige. Ils sont en fer, en argent, en or. Le mot vient du latin torqueo signifiant tordre.

 

*** En celte, teuta signifie tribu – en seraient issus les Teutons. Teuta, dit-on, serait à l’origine de deutschland et de dutch, racine néerlandaise.

 

**** Gundestrup est le nom d'une tourbière danoise où, depuis très longtemps, vivent des Celtes qui, avec le temps, émigrent vers l'Ouest de l'Europe.

 

La civitas parisiorum est l'embryon de PARIS.

 

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Alliance amérindienne.

 

Alliance amérindienne.

 

Depuis toujours les hommes ont éprouvé le besoin de sceller de manière concrète un contrat, une décision importante, une alliance. C’est ainsi que la Cathédrale de Chartres (28.000) possède, dans son Trésor, deux témoins d'une alliance passée au 17è siècle (entre 1674 et 1703) entre la Première Nation amérindienne* et la France.

 

Image : wikipedia.fr

Cathédrale de Chartres.

Début de construction 1194.

 

Des « cadeaux » sont envoyés au Clergé de Chartres par vaisseaux qui, en retour, rapportent d’autres objets destinés à partager une telle alliance. Ce sont une statue de la Vierge en argent, des chemises argentées et des reliques que conserve le  Canada.

 

Ainsi la tribu des Abenakis** et celle des Hurons-Wendat *** réunies offrent aux dignitaires religieux français deux ceintures  constituées de lanières en cuir sur lesquelles sont enfilées des perles en verre blanches et noires alternant avec des perles en coquillage, violettes et blanches. Les bordures de ces parures artisanales sont incrustées de piquants de porc-épic, vraisemblablement symboliques. L’ensemble dessine des inscriptions en alphabet amérindien et dédiées à la Vierge Marie. Il comporte 11.000 perles représentant chaque membre de la tribu.

 

Image : culture.gouv.fr/

 

Ceintures en wapums. 

 

Objets artisanaux devenus objets d’art et d’archives diplomatiques et historiques extrêmement rares, objets religieux, objets témoins d’une alliance attestée par les manuscrits qui les accompagnent et compréhensibles après décryptage de l’alphabet.

 

C'est après avoir découvert, à la fin du 16è siècle, les ports de pèche où ils peuvent s'abriter  que les colons français, mais aussi britanniques, poursuivent plusieurs buts. Les missionnaires christianisent, les marchands rapportent des fourrures et du poisson tandis que d’autres, à la moralité douteuse, kidnappent hommes, femmes ou enfants pour les exhiber (ou les vendre) dans les cours européennes ou dans les foires.

 

 

 

Image : axl.cefan.ulaval.ca/

Carte de la Nouvelle France.

 

Néanmoins, pour s'établir durablement, des relations paisibles sont indispensables. Des alliances militaires et commerciales assurent une sécurité que le peuple Iroquois, guerrier par nature, a tendance à fragiliser dangereusement. Constitués en Confédération dès le 16è siècle pour assurer sa coexistence avec les voisins amérindiens, les Iroquois ont vite fait de les agresser.

Guerrier iroquois.

Archives de la Ville de Montréal -

Engraved by J. Laroque -

Jacques Grasset de Saint-Sauveur (France, 1757-1810)

 

C’est ainsi que d'autres tribus, dont les Algonquins****, en partie décimés par ces redoutables voisins, acceptent aisément la présence protectrice étrangère. Ils se  disent appartenir à la Nouvelle France, adoptent sa religion et bien souvent le mariage mixte. Un tel statu quo dure jusqu’en 1763, date où la  Nouvelle France est transférée à la Grande Bretagne.

 

* Les Amérindiens sont répartis sur un large territoire proche des Grands Lacs du Canada.

 

Image : fr.vikidia.org

Région des Grands lacs canadiens.

 

**  Avant la colonisation, la tribu des Abenakis occupe le territoire devenu Nouvelle Angleterre.

  • Image : messaje-ouest.fr

Abenaki.

*** Alliés des Abenakis, les Hurons-Wendat chassent l'original parce qu'il se déplace lentement.

 

Image : fr.wikipedia.org.

Huron-Wendat

par Cornelius Krieghoff - 1868.

 

**** Les Algonquins, qui sont nomades, partagent leur culture avec les Abenakis.

 

 

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L'escapade de Poule Rousse.

 

 

L’escapade de Poule Rousse.

 

Une histoire pour les petits.

 

 

Poule Rousse a douze petits poulets gris. La pauvre poule a fort à faire pour nourrir ses enfants chéris. Coq Rouge, son mari, les aime bien mais …  Coq Rouge ne fait rien.

Mais alors, RIEN DU TOUT !

 

Poule Rousse élève sa nombreuse famille dans un poulailler entouré d’un grillage. Une cage à poules ! Le ciel est son toit. La terre,  son plancher.

 

La nuit, Coq Rouge et Poule Rousse dorment côte à côte perchés sur un bâton. En bas, les enfants dorment serrés les uns contre les autres sur un lit de paille que Poule Rousse retape chaque matin d’un coup de patte énergique.

 

Les poussins n’ont jamais peur la nuit. Personne ne pleure. Ils savent que, tout là-haut, papa et maman veillent sur eux.

 

Image : europe1.fr/

Le premier à dormir, quand le soleil se couche lui aussi, c’est Coq Rouge. Le premier éveillé, quand le soleil se lève ? C’est encore Coq Rouge.

 

Cocorico ! lance-t-il en allongeant le cou.

Cocorico, répondent tous les coqs du voisinage.

 

 

Cocorico, insiste Coq Rouge ... allez là-dedans, tout le monde debout !

 

Poule Rousse voudrait bien dormir encore un peu … elle est fatiguée. Hélas, son Coq Rouge de mari, tout frais et reposé, s’agite bien trop sur le perchoir. Il se dandine d’une patte sur l’autre, tourne la tête comme une girouette et sa grande crête toute rouge flotte comme un drapeau.

 

Enfin, il saute à terre … et avec élégance encore.

 

Comment dormir avec un tel tintamarre ?

Image : www.picmix.com/

Poule Rousse baille à se décrocher le bec. Elle suit son mari de mauvaise humeur et fait plouf en atterrissant lourdement dans la paille. Elle est dodue, Poule Rousse … et plus toute jeune ! Elle a passé toute sa vie de poule à élever tant d’enfants qu’elle ne sait plus très bien combien elle en a eu.

 

Bon, il faut y aller !

 

Poule Rousse étire le cou, déploie ses ailes fauves en guise de toilette, se dégourdit les pattes, histoire de faire un peu d’exercice avant d’attaquer courageusement la besogne.

Cooot … Cooot … cooot, glousse maman poule avec amour.  Il est l’heure de se lever ! Debout mes trésors … Coot … coot … Ah, les voilà réveillés. Qu’ils sont beaux mes poussins jolis … Cooooot ... Allez venez, venez mes chéris …

 

Poule Rousse se met en route suivie de sa marmaille affamée. Sur leur passage, Coq Rouge s’excite soudain, comme s’il était jaloux ?

Voyez moi ça, dit Poule Rousse ! Se prendrait-t-il pour le roi de la basse-cour ? Il bat des ailes, dresse le bouquet noir de sa queue en faucille,  tord le cou en virgule pour lancer son dernier cocorico ... après quoi, lance Poule Rousse indignée, il ne fera plus rien de la journée !

 

 RIEN DU TOUT !

 

Quant à elle, pauvre mère au foyer, elle n’a pas une minute à elle. Sa première tâche est d’une importance capitale :

Apprendre aux enfants à se nourrir seuls au cas où elle serait jetée un peu trop vite dans la marmite.

Reconnaître les bonnes graines.

Image : astucesaupotager.com

Piquer les limaces avec la pince de son bec en les empêchant de s’enfuir quand elles se tortillent vertes de peur.

 

Or, aujourd’hui Poule Rousse est si courroucée qu’elle surveille à peine le petit-déjeuner.

Coq Rouge l’énerve !

 

Oh la la, comme il l’énerve …

 

Pourquoi ne s’occupe-t-il jamais des enfants ? Il est là à se pavaner, se prélasser, étaler ses belles plumes luisantes, dresser sa crête rouge comme un calot militaire, allonger ses mollets de coq tout fier de ses ergots …

Image : noellegifmania.centerblog.net

 

Ah, il se prend pour un Prince ?

 

Eh bien, s’il est Prince, alors moi, je suis Princesse ! !

 

Aujourd’hui, tout va mal. Poule Rousse en a marre. Elle ne supporte plus la routine quotidienne. Elle a envie d’escapade. Une e-s-c-a-p-a-d-e ! Oui, une escapade. Une sortie, quoi ! Des vacances …

 

Hélas, Poule Rousse ignore qu’une escapade, ça se prépare. Or, sans réfléchir une seconde, même pas une moitié de seconde dans sa petite tête de poule, elle grimpe sur le perchoir et s’envole par-dessus le grillage.

 

Image : poules-club.com

Sans élégance aucune, aussi lourde qu’un sac de pommes, elle choit de l’autre côté.

Meurtrie. Elle se remet sur ses pattes, stupéfaite d’avoir osé mais soudain, fière de son exploit, elle arrange le désordre de sa toilette ... et puis s’en va … le bec au vent, d’un cot-cot insouciant.

 

Image : abdofolio.blogspot.com

 

Poule Rousse, en vacances, saute d’une patte sur l’autre, caquette un air à la mode, fait le tour d’une salade, picore, grimpe sur le dos de la tortue, salue fort poliment le canard,boit un petit coup dans la gamelle du chien et se dit que ... finalement ... la vie est bien belle tout de même.

 

Image :mes-poules.com

 

Oh, je rentrerai à la maison …

 

mais pas tout de suite.

 

Elle glousse de liberté et glousse encore, l’œil plein de plaisir, quand soudain … deux mains de fer l’empoignent sans ménagement. Violemment soulevée de terre, Poule Rousse hurle un côôôôt  tonitruant qu’un clac métallique stoppe tout net.

 

Image : tubefr.com

 

Une paire de ciseaux lui a coupé les ailes …..

 

Et les deux mains, sans égard pour son âge, la balancent  dans le poulailler où elle s’étale peu glorieuse sous l’œil goguenard, un tantinet moqueur, de Coq Rouge.

 

Image : omlet.fr/guide/

 

C’est la honte.

 

Poule Rousse en pleure de rage, secoue ses plumes d’un air de Princesse outragée, marche de long en large en réfléchissant très fort, se plante, pattes écartées, devant le grillage maudit qu’elle nargue en hurlant :

 

Je repartirai. Foi d’animal !

 

Je repartirai ... mais la prochaine fois, je vous le jure, je préparerai ma sortie. Ils ne m’auront pas les hommes et leurs ciseaux ! Si je travaille, j'ai droit à des vacances, non ?

 

Foi de Poule Rousse, c’est moi qui vous le dis,

 

Je n’agirai plus jamais sur un coup de tête

 

 

***

 

 

Halloween en fête !

 

Halloween en fête !

 

 Image : dentelledelune.fr

Lorsque l’automne succède à l’été, les Celtes organisent une grande fête païenne pour entamer le  nouveau cycle de la Nature. L’An Nouveau. Samain*, c'est le nom de la fête, a lieu le soir et la nuit du 31 octobre (fin des récoltes).  Les Celtes d’Irlande, d’Ecosse, du Pays de Galles puis ... de Bretagne, créent la fameuse lanterne issue d’une légende irlandaise : une citrouille percée de trous et devenue par la suite symbole d’Halloween.

La légende raconte qu'un certain Jack-o'lantern est refoulé du Paradis à cause de son avarice. Il ne peut non plus entrer en Enfer parce qu'il s'est moqué du diable; Celui-ci lui remet une lanterne et le condamne à errer autour du monde jusqu'au jugement dernier. Cette lanterne, qui doit l'éclairer,  n'est autre qu'une citrouille remplie des braises de l'Enfer.

La Bretagne celtique a pendant longtemps utilisé des navets.

Viennent les 8è et 9è siècles.

Samain n’est plus guère fêté quand l’Eglise décide de célébrer la Toussaint, non plus selon la coutume après Pâques ou la Pentecôte, donc au printemps, mais le 1er novembre. Au contraire du calendrier celtique qui est lunaire - et dont la fête païenne fixée au 6è jour de la pleine lune de novembre ne peut tomber chaque année à la même date - la Toussaint  est immuable.

Lorsque la grande famine irlandaise du 19è siècle s’abat sur l’île, de nombreux habitants s’exilent aux U.S.A. important leurs coutumes avec eux. Celles-ci se répandent  dans tous les pays anglo-saxons mais très tardivement en Europe.

Le soir du 31 octobre, Halloween, qui signifie  Eve of Hallows**, Soirée de tous les Saints, est animée par les enfants frappant de porte en porte en quête de bonbons et friandises, tout en menaçant de jeter un sort à celui qui ne donne rien :

Image : signaturesdecoklane.eklablog.com

" Trick or treat "

" Des bonbons ou un sort "

crient-ils en riant dans leurs costumes effrayants dans lesquels ils jouent les fantômes, les sorcières, les vampires et font du tapage pour séparer les morts des vivants.

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Il s’agit avant tout de chasser définitivement la  longue nuit et le froid de la saison d'hiver afin de ramener le dieu Soleil, seul à pouvoir revivifier la Nature, faire croître les récoltes et délivrer sa  chaleur.

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  • A Samain, ou l'on a la faculté d’entrer en contact avec les esprits, on pense que les morts rendent une petite visite à leurs parents en cette période sombre de l’année et qu'ils sont capables de leur faire du tort ou même d'ensorceler les récoltes, voler des enfants, etc...

 

Aussi, la tradition veut que chaque foyer reçoive un brandon allumé par les druides*** assurant la pérennité du feu de renouveau, symbole du dieu Soleil bienveillant,  jusqu’à la prochaine fête de Samain. La citrouille éclairée y fait référence. 

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* Samain, signifie tout d'abord "réunion". En effet, cette fête celtique est obligatoire pour toute la société. Samain consiste à réunir, en grandes assemblées autour de banquets et de rituels païens présidés par les druides, toutes les classes de la société celte, sacerdotale, guerrière et artisanale.

** Le jour de la fête de tous les Saints, se dit "Toussaint", soit "All Saint's day" ou "All Hallow's day" et la nuit sainte qui précède s'appelle "All Hallow's evening". Au cours du temps, l'expression s'est transformée en "Halloween".

*** Les druides sont les prêtres vénérés qui pratiquent les cérémonies païennes et s'enfuient  (de Lutèce, par ex.) sous la pression romaine qui voit en eux une concurrence politico-religieuse dangereuse. Les druides, qui sont des Celtes venus de l'est, accompagnés de leurs artistes, se replient alors vers l'ouest où ils gardent jalousement leurs traditions dont nous reste le Festival de Lorient en France.

Quant aux sorcières, quelle que soit l'époque, elles font toujours forte impression sur les enfants et parfois aussi sur les grands !

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Le tilapia au secours des grands brûlés.

 

 

 

Le tilapia

 

au secours des grands brûlés.

 

Proche parent de la carpe, le tilapia est un poisson d’eau douce mais que l’eau salée de la mer ne dérange pas pourvu qu’elle soit chaude – de 15°C à 32°C. Dans ces conditions idéales pour l’espèce, on le trouve un peu partout y compris dans les bassins d’élevage car facile à nourrir ! Il mange presque tout et se reproduit rapidement dans peu d’espace. Un tilapia mâle grossit deux fois plus vite qu’une femelle jusqu’à peser 4 à 5 kgs et atteindre 60 à 70 cm. Sa rentabilité économique est donc excellente !

 

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Le tilapia est un poisson très nutritif dont la chair blanche, dépourvue d’arêtes et peu chère, est riche en Omega-3, protéines, vitamines B3 et B12, phosphore, potassium, magnésium et fer. Son goût est très agréable et il se prête parfaitement à de nombreuses recettes culinaires.

 

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On conçoit alors combien il est avantageux de l’élever*, non seulement en tant qu'aliment mais aussi, et plus surprenant,  à des fins « thérapeutiques » et notamment à la reconstruction et à la cicatrisation des plaies de grands brûlés ou de diabétiques.

 

La peau du tilapia possède des vertus insoupçonnées. Riche en protéine cicatrisante, donc en collagène, la peau de ce poisson en contient beaucoup plus que la peau humaine. De plus, posée à même la brûlure, elle y adhère totalement et son  degré élevé d’humidité et de résistance en font un pansement adhésif idéal et nourrissant. Un "tampon", une barrière hermétique  contre les infections extérieures. Et ce, jusqu'à guérison complète.

 

 Ainsi la guérison est plus rapide qu’avec les traitements traditionnels où l’infection est toujours le risque majeur et redouté. En une dizaine de jours, une brûlure superficielle se guérit aisément. Lors d'une atteinte plus sévère, la peau de tilapia est renouvellée plusieurs fois mais les pansements moins fréquents n’entament pas la cicatrisation débutante, ce qui est très appréciable pour les patients dont la douleur est considérable à chaque fois qu'un pansement traditionnel doit être changé.

 

Avant de la destiner à l'utilisation médicale, le traitement de la peau de tilapia est rigoureusement observé : stérilisation en bacs désinfectants (chlorhexidine et glycérol) suivie d'irradiation en laboratoire afin d’éradiquer tout virus. Puis la peau est emballée et gardée au frais où elle peut être conservée deux ans. C'est ce que fait un laboratoire de recherche de Saô Paulo au Brésil.

 

 Image  : reponse-conso.fr

 

* Elever des tilapias en grande quantité, pourquoi pas en faire une industrie,  pourrait résoudre le problème crucial du manque de greffons humains. Il est très difficile de se procurer de la peau humaine. La Banque de peau n'a en réserve qu'1% des besoins mondiaux. Disposer d'une Banque de peau de tilapia, réglementée par les services officiels de santé, serait une aide puissante dans le traitement des brûlures ou des pertes de substance liées également à d'autres pathologies qui retardent ou empêchent toute cicatrisation.

 

 

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La vigne, le raisin et le vin.

 

 

La vigne, le raisin et  le vin.

 

 

 

7000 ans avant J.C.

 

Le vin est déjà probablement connu. Les  premières sédentarisations de population favorisent la culture de la vigne, du blé, du riz.

 

Comment le savons-nous ?

 

Tournons-nous vers la mythologie qui nous renseigne avec une certaine précision grâce à la symbolique répandue dans les différentes civilisations.

Symbolique que nous nous sommes appropriés avec beaucoup de facilité tant elle est évidente !  Le vin apporte l’ivresse. On l’appelle « la petite mort » ! En effet, l’état d’ébriété où l'on est ivre-mort,  est bien analogue à la mort mais on en sort, on revient à la vie.

 

Vie-mort-vie ... Rassurant !

 

Pas tout à fait car - avant l'ébriété - l’état d’ivresse*  engendre tous les excès et ressemble fort à la folie dont le grec Dionysos** était aussi le dieu.

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Dionysos grec à Ephèse - Turquie.

Dionysos, dieu de la vigne, du vin et de la folie.

 

De la folie à la débauche et l’orgie, il n’y a qu’un pas, allègrement franchi lors des Bacchanales romaines, sous la présidence de Bacchus, homologue romain de Dionysos.

 

 

 

Image :

 

Bacchanales.

 

 

La couleur rouge du vin ne manque pas d’évoquer celle du sang de la vie et renforce la symbolique : un pied de vigne, vu comme un arbre sacré qui se mue, dans la religion chrétienne en Arbre de vie,  Royaume de Dieu.

 

Le vin exacerbe les idées jusqu’à la folie totale mais auparavant, pour peu qu’on s’arrête de boire suffisamment tôt, la pensée est à son apogée ... proche de la réflexion profonde, de la philosophie, d’où la maxime grecque transmise en latin  par la présence romaine :

 

In vino veritas !

François Rabelais, le bon vivant pourtant loin d'être sobre, ne disait-il pas que

"le jus de la vigne clarifie l’esprit et l’entendement,

apaise l’ire, chasse la tristesse

et donne joie et liesse " ?

 

 

On pense aussi à la célèbre quête du Graal***. Trésor supposé matériel, illusoire puisqu’il n’est que spirituel. Le Graal est représenté par une coupe qui serait emplie de vin dont l’effet sur l’homme est de faciliter un retour sur lui-même, découvrir sa propre richesse spirituelle et morale, approcher aussi près que possible du sens véritable de l'existence.

Image des chevaliers de la table ronde

 

 

* Le Coran n'interdisait pas à l'origine le vin mais l'ivresse, état dans lequel l'homme perd toute faculté de penser juste et de se comporter dignement.

Omar Khayyâm naît en Perse au début du 11è siècle . Poète et savant, à la demande du sultan d'Ispahan, il  entreprend la réforme du calendrier solaire et installe des postes d'observation astronomique.

 

** Dionysos, le grec, devient le Bacchus  romain. Au début de l’année, en  janvier et en mars, ont lieu en son honneur des festivités où absolument tout est permis, grâce au vin qui coule en abondance et sans aucune retenue. Ce sont les Bacchanales. Grande catharsis libératrice de tout un chacun, riches et pauvres, grands et petits.

 

*** Le Graal est, à l'origine, la coupe dans laquelle Joseph d'Arimathie aurait recueilli du sang qui coulait d'une des blessures infligées à Jésus sur la croix. La quête du Graal est au coeur du célèbre roman médiéval  "Les Chevaliers de la Table Ronde."

 

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Ce sont les Romains qui, dès le 2è s. avant J.C., importent la vigne en Gaule tandis que les Européens l’implantent, au 16è s., dans de nombreuses colonies à travers le monde. Quant aux techniques de vinification, elles sont originaires de Mésopotamie, Turquie et Caucase. Elles sont améliorées par les Egyptiens avant que les Grecs ne cultivent la vigne dans toute la région méditerranéenne.

 

L'Occitanie n'est pas en reste et peut se flatter d'avoir actuellement considérablement amélioré la qualité du vin de ses vignobles et ce, jusqu'aux abords de Carcassonne.

 

Quant à Paris, elle s'enorguellit de respecter depuis des siècles l'exceptionnelle tradition des Vendanges de Montmartre dont les raisins sont cueillis dans le Clos Montmartre.

 

 

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L'homme, la Lune et les astres.

 

 

L'homme,

 

la Lune et les Astres.

 

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Présents depuis toujours dans ce que l'homme appelle "le ciel", les astres n'ont cessé de lui poser des questions auxquelles il a répondu selon son degré d'ignorance ou de connaissances, relativement limitées, comme il le fait encore parfois au 21è siècle.

 

" Si le Soleil revient chaque matin éclairer et réchauffer les humains, la Lune par contre est déroutante. Entière ou en quartier, tantôt à l'est, tantôt à l'ouest, resplendissante ou totalement dissimulée dans les ténêbres, elle est source d'angoisse et d'interrogations multiples. Autant pour la comprendre que pour se rassurer, l'homme n'a d'autre référence que lui-même. Il la personnifie donc et c'est la naissance de la cosmogonie et de la théogonie.

 

Afin qu'elle lui soit favorable et fidèle, il lui fait des offrandes et pratique des rites. C'est l'apparition du sacré* et des religions** cosmiques dont certaines perdurent dans différentes parties du monde. L'accumulation d'observations, tout au long des générations, va permettre aux hommes de se servir du rythme synodique lunaire pour fixer des repères dans le temps : il est impératif d'assurer les cultures ; les temples calendaristiques sont les témoins de ces laborieuses tentatives de partage du temps.

 

Image : mythologica.fr/

 

La divinité lunaire mésopotamienne.

 

Nanna Sin (ou Suen) reçoit une libation

 

du personnage de gauche.
Stèle d'Ur-Nammu (c. 2080, musée de Bagdad, Iraq

De là se créent les calendriers et les conseils transmis oralement : connaissances ésotériques*** dont nous conservons la tradition dans les dictons. A l'aide de  ces repères, on détermine les périodes favorables ou non aux activités liées à l'agriculture, au jardinage, à l'élevage ou ... à la magie.

 

Le point de départ du symbolisme lunaire est la marche apparente de l'astre qui suggère la naissance et la mort. C'est la ligne directrice qu'il ne faut jamais perdre de vue. Sur celle-ci se greffent pêle-mêle, ainsi que Mircéa Eliade**** l'explique, mais en un système parfaitement logique, la végétation, les eaux, les femmes, le renouveau spirituel ...

Qu'elle sorte des ténêbres ou y disparaisse, la Lune évoque l'angoisse et l'interrogation d'où dérivent l'intuition, la réflexion, le rêve, l'imagination, le délire et l'excès*****.

 

A l'époque où l'homme ne dispose que du langage, il crée des mythes ****** et raconte des légendes. Avec la naissance de l'écriture, la Lune s'impose dans les lettres et les arts de façon directe ou indirecte. C'est ainsi qu'on la retouve au cours du temps en littérature, poésie, humour et caricature, théâtre, cinéma, peinture, etc.  

 

Image : wikipedia.fr

La nuit étoilée de Van Gogh - 1889 -

 

Museum  of Modern Art de  New York.

 

Bien qu'instruits d'éléments de compréhension du mouvement de la Lune sur sa trajectoire terrestre, bien qu'avertis des conjonctions des astres et de leurs effets sur la terre, il faut espérer que, longtemps encore, la Lune nous apportera une très forte émotion lorsqu'elle étincelle sous la voûte céleste.

Que la science et la technique se "domestiquent" ne doit pas nous faire perdre de vue qu'il faut garder de la mesure en toute chose, moins de superstition et toujours une place pour le rêve."

 

Extrait de : Sciences et puissance de la Lune. Ed. Trédaniel - 1991 - par M.F. Arnold.

 

* Est sacré ce qui est  inviolable, interdit. Le sacré est objet d'un respect absolu.

 

** Une religion est un ensemble de pratiques et de croyances en usage dans un groupe ou une communauté. Du latin  re-ligere, la religion est ce qui relie tous les membres du  groupe  dont les rites  et croyances sont les mêmes.

 

 

*** L'ésotérisme est l'ensemble des connaissances transmises à l'origine, destinées et communiquées oralement à un groupe d'initiés. Par exemple en Mésopotamie, le dieu Nanna Suen représente la Lune. Il divise le temps tel que l'a décidé Marduk lors la création :

 

 "Au début du mois, pour briller sur le pays,

des cornes tu montreras

pour déterminer 6 jours.

Au 7è., divise en deux la couronne.

Au 14è, mets-toi en face ... la moitié ... "

 

Nanna Suen est en Mésopotamie la divinité lunaire indispensable qui permet d'observer l'astrologie et les présages qui en découlent. Il est le sage que chaque dieu consulte à la fin de chaque mois afin qu'il les aide, l'un après l'autre, à prendre les décisions relatives à leur fonction spécifique.  Son rôle prépondérant consiste à contrôler la fécondité de la femme, son cycle menstruel et la naissance tout autant que la gestation de l'animal. 

 

**** Mircea Eliade, 1907-1986, est un historien roumain des religions mythologiques.
 

***** La sérotonine est un neuro-transmetteur réactivé par la Lune. Lorsqu'elle est pleine et que son action est maximale, les pics de sécrétion de sérotonine provoquent des excès dans les comportements de personnes fragilisées par l'alcool ou toute autre cause.

 

 

 

Extrait de Sciences et Puissance de la Lune, chap. 5.

 

****** Le mythe est un récit que les peuples ont imaginé, mettant en scène des êtres "surhumains" ou des forces naturelles dont ils ne connaissent pas l'origine. Le récit mythologique symbolise  les  différents aspects et situations inexpliquées (à l'époque) de la condition humaine.

 

 

 

Néanmoins, minuscule élément cosmique que nous sommes, nous demeurons toujours inévitablement soumis à l'influence lunaire et à celle des astres dont nous ignorons encore beaucoup. Si ce n'est presque tout !

 

 

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