Le beau Narcisse* s’admire dans l’eau ...

 

photo: www.aphadolie.com

 

Narcisse aime son image. Il la contemple. Il l'aime à la folie. C’est, pense-t-il, son visage le plus pur. Le plus authentique.

Faux !  Il se voit avec les yeux de l'amour ...

Narcisse n’est plus tel qu’il était avant d’être  altéré par l’entourage, les intrigues sociales, l'exclusion des autres et de son propre  vécu.  Il se voit tel que ses amis, sa famille, les inconnus le voient.  « Modifié » par tous ses efforts  pour « avoir bonne figure », comme on dit ! Se montrer le plus "aimable" possible.

Ce que nous faisons tous ! Plus ou moins.

Le visage que Narcisse voit dans l’onde, si pure soit-elle, n’existe pas.    

Le trouvera-t-il un jour ? Peut-être. S’il comprend qu’il doit vouloir  réussir à déblayer, repousser, refuser tout ce que son environnement et sa position sociale lui imposent. Croit-il ! Indifférent aux autres parce que centré sur lui-même.

Les apparences sont toujours flatteuses mais toujours fausses. Egoïsme, vanité et fascination de soi font des dégâts irréversibles sur soi-même et autour du personnage qu'on se crée.

Oh vanité quand tu nous tiens !

Etre soi. Sans artifice. Sans auto-satisfaction maladive.

Voilà le vrai message que nous adresse le Narcisse de la mythologie grecque, indifférent à tous ceux  qui l’entourent  sauf à la contemplation   sotte et vaniteuse de sa propre beauté.

 

* Sculpture d'E. HIOLLE - 1868 - offerte par l'Etat français au Musée de Valenciennes en 2005

 

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