Traces de la guillotine

 

dans le 11è ar. parisien.

 

 

Image : caminteresse.fr

 

Echafaud

 

Docteur Guillotin, ne fait pas dans la dentelle. Il est fier de son invention radicale pour laquelle Louis XVI, en bon bricoleur féru de mécanique, apporte une petite amélioration. Il suggére de tailler la lame en biais de manière à ce que, bien affûtée, elle tranche, sans bavure ni difficulté mais avec une plus grande efficacité,  la peau et les os de la nuque. Celle-ci est aisément accessible puisqu'on découpe largement le col de la chemise du condamné. 

 

Bienveillant et généreux, le Docteur Guillotin affirme :

 

« Avec ma machine,

je vous fais sauter la tête en un clin d’œil,

et vous ne souffrez point. »

 

On le remercierait presque ...

 

 

La " guillotine" fonctionne de 1788 à 1977 où a lieu la dernière décapitation  française à la prison des Baumettes à Marseille.

 

L'abolition de la peine de mort en 1981, grâce au Ministre de la Justice, Robert Badinter,  fait disparaître l'engin funèbre installé à Paris dans de nombreux endroits. Il faut dire qu'on le déplace assez facilement du moment qu'on n'utilise pas son  piédestal  de représentation populaire, l'échafaud.

 

L'échafaud est,  en réalité, la plateforme sur laquelle  est posée la guillotine de manière à ce que la foule profite aisément du "spectacle". 

 

L'échafaudage des ouvriers du bâtiment pourrait nous  rappeler le terme.

 

On raconte, dessin-caricature à l'appui, que Robespierre, ne trouvant plus personne à guillotiner, guillotina le bourreau ... avant de l'être lui-même en 1793.

 

Les derniers vestiges de l'emplacement parisien de la guillotine sont visibles 16, Rue de la Croix- Faubin (11è ar.). Cinq dalles rectangulaires, face à l'entrée de l'ancienne prison de La Grande Roquette* (démolie en 1900) servant à fixer et stabiliser la machine de mort posée directement sur le sol.

 

 

 

 

 

 

Entrée de la prison de la Grande Rosuette.

 

Actuellement au niveau d'un passage piéton**.

 

 

 

Photo : Cédric Gravelle;

 

 

 

* 1826, construction d’une prison pour jeunes délinquants sur l’ancien couvent des Hospitalières de la Roquette (1690-1789). C’est La Petite Roquette. Elle devient prison pour femmes en 1935,  démolie en 1974.

 

 1836, on inaugure un autre centre pénitencier, face à la prison des jeunes, La Grande Roquette. Elle reçoit les condamnés au bagne de l’Ile de Ré, Cayenne, Nouméa s'ils ont la chance d'échapper  à la guillotine. Ils sont donc en attente dans ce qu’on appelle le « Dépôt des condamnés ».

 

Or, ceux qui sont destinés à  être décapités par la célèbre guillotine qui, à cette époque, se trouve à la barrière Saint-Jacques (emplacement actuel de la station de M° Saint-Jacques), doivent parcourir 5 kms. Ce qui est beaucoup !

 

Risque d’évasion ? Mauvaise image de la capitale ? La guillotine est alors transférée devant l'entrée de la prison où nous pouvons constater la présence des  5 dalles historiques. Le "Dépôt des condamnés" prend par la suite le nom de Grande Roquette, marquant ainsi, avec La Petite Roquette, la différence de gravité des peines.

 

Ne reste plus actuellement dans Paris intra muros que la Prison de la Santé.

 

** M° Père-Lachaise ou Philippe Auguste.

 

 

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