Rûmi le soufiste 

 

 

 

                                                                    Image : saphirnews.com

 

 

 

Rûmi* (Roumi) né en1207, mort en1273, est un immense poète mystique persan dont l'influence sur le soufisme a été considérable. Sa découverte puis son lien puissant avec le divin et la lumière sont à la base de sa poésie, en particulier après sa rencontre avec Sham, un saint homme de vingt ans son ainé. Sham est un mystique errant venu d'Iran et qui,  au bout d'un certain temps, doit fuir vers Damas pour échapper à la jalousie des disciples roumistes. Rûmi ne peut  s'en consoler et la mort de son Maître, en 1247, le plonge dans un abime de tristesse.

 

Rûmi fait preuve d'oecunémisme en se liant dans le plus profond respect avec les chrétiens et les juifs tout autant qu'avec les musulmans. Son aura spirituelle fait de lui un Sage très écouté et recherché, tout comme son Maître vénéré.

 

Rûmi se passionne depuis l'enfance pour la  musique, source de transcendance et d'accès au  divin,  qui tout naturellement incite à  danser en tournoyant et devient vite extatique.  Après sa mort  naissent des confréries soufies illustrées par les derviches tourneurs. Se crée alors la première Conférie à Konya (Turquie).

 

 

 

Image : wikipedia

Mausolée de Rûmi à Konya (Turquie)

 

 

 

lesorteilsausoleil.over-blog.com

 

 

Comme on appelle Rûmi, Mawlana, Notre Maître, ses "disciples" deviennent les mevlenis. Leurs concerts de musique mystique, les samas, au cours desquels ils utilisent le tamborin, le luth et une flute spéciale oblique, le ney**, perdurent pendant des siècles.  De nos jours, ils font  l'objet de démonstrations folkloriques. Il n'est pas certain que l'extase mystique pure et originelle soit encore possible, présente et authentique dans de telles conditions, ce qui est regrettable.

 

 

                        


Image wikimedia.org    

 

       

Femme jouant du ney. Peinture sur bois. 1669.

Palais d'Ispahan (Iran)

 

 

 

Vraisemblablement victime de la jalousie des disciples de Rûmi, Sham est assassiné en 1247.

 

Inconsolable, Rûmî organise à sa mémoire des samas. concerts qui favorisent l'extase et la transe. L'émotion intene provoquée par la musique entraîne dans la danse avec une sorte d'ivresse  qui rapproche du divin.

 

Lors de la période ottomane  la tradition soufie est conservée mais l'avènement d'Ataturk*** (1880-1938) y met fin brutalement. A sa mort, elle réapparait, hélas  à destination touristique principalement.

 

 

* Djalal-ad-Din Muhammad Balkhi.

 

** Le ney est une flute dont l'embouchure en roseau est oblique, obligeant le musicien à se pencher sur le côté. On la trouve déjà chez les Sumérien et dans l'Egypte antique (- 3.000 ans).   

 

*** Mustapha Kemal Ataturk (1880-1938) fonde l'Etat Républicain Turc laïque (sur les ruines de l'Empire ottoman) assurant l'indépendance au pays à l'issue d'une guerre qui dure de 1919 à 1922.

 

 

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