La pauvreté, cancer d'un pays.
La pauvreté,
cancer d'un pays.
La pauvreté est un mal mondial qui a toujours ravagé une partie des populations.
Au paléolithique cependant, les chasseurs-cueilleurs possèdent tout en commun et n’ont même pas la notion de propriété individuelle puisque cette même notion d’individu n’existe pas encore. Lorsque la sédentarisation s’installe, les groupes humains ont tendance à s’individualiser et selon leur capacité ou non à disposer sur place du nécessaire, accumulent, deviennent au fil du temps pauvres ou nantis en faisant fructifier ce qu’ils possèdent.
En occident, sous l’influence prépondérante de l’Eglise, le Haut Moyen-Age distingue le pauvre-saint du pauvre-hônteux, celui qui s’abaisse à mendier. Celui qui tombe dans la déchéance physique. Pour l'Eglise, faire fructifier son bien n’est pas un péché. Au contraire, cela permet de redistribuer au pauvre-victime.
C’est ainsi que le 13è siècle voit l’instauration des Frères mineurs*. Parmi ceux-ci, les Franciscains. Instruits, ils ont la capacité intellectuelle de gagner de l’argent, d’hériter de biens familiaux mais ils n’en profitent pas pour eux-mêmes. Ils redistribuent, font la charité. Ils sont même recherchés pour gérer de grands domaines, occuper des postes administratifs et fiscaux en raison de leur grande probité. Ils se dépouillent certes de leurs propres biens mais incitent les plus riches à donner aux communautés déshéritées.
Tout le monde y trouve son compte. Le riche y gagne des indulgences**. Le pauvre, par son statut de victime, se soumet à une épreuve « divine » qui contribue à son salut et peut-être (?) l'aide à la supporter s'il n'est pas engagé par vocation dans une congrégation religieuse, volontairement démunie.
L’Eglise elle-même, qui n’a jamais été dans le besoin, dispose de Confréries plus ou moins inféodées comme les Templiers, promus au rôle de banquiers de l’Etat. Dans le domaine de l'argent, seuls les usuriers sont rejetés ... mais extrêmement sollicités !
Le 21è siècle ne fait pas exception aux grandes inégalités que sont l’opulence et le minimum vital. Parfois absent. L’extrême richesse insolente et disproportionnée des uns ... l’extrême et digne pauvreté des autres ... bien qu'ils travaillent, ont fait une société rebelle qui refuse les taxations grandissantes. L'injustice criante et les privations sont source de colère, désespoir et violence. Ce n'est pas nouveau et l'expérience montre que seuls les évènements catastrophiques majeurs, les guerres, les révolutions qui ont jalonné l’Histoire, les manifestations violentes et répétées ont tenté de rétablir un équilibre. Ephémère. Loin d'être satisfaisant !

Image : hirsutefanzine.wordpress.com/
Révolte des vignerons dans l'Aude en 1907.
Puis, la nature humaine étant ce qu’elle est,
tout recommence.
Néanmoins, un danger pourtant connu, vécu, majeur et sournois grandit. Un danger qui mène au totalitarisme, au fascisme pour peu qu'un être assoiffé de puissance profite de la situation pour manipuler et endoctriner les peuples désorientés et avides d'un mieux-être élémentaire.
Fascisme, totalitarisme ne durent qu'un temps certes. Combien dangereux ! Toujours trop long pour qui subit la privation de liberté.
* Frères mineurs - L’ordre des Frères mineurs est créé en 1210 en Italie sous l’impulsion de Saint-François d’Assise. Ordre religieux catholique, communément appelé Franciscain, il a pour vocation de vivre dans la pauvreté.
** Indulgences - L’Eglise catholique accorde une indulgence en effaçant totalement devant Dieu la peine qu’un pécheur aurait dû effectuer sur terre. L’indulgence est obtenue par contribution pécuniaire ou réalisation d'œuvres charitables envers autrui. Les donateurs qui contribuaient au financement des fresques du charnier du Cimetière des Innocents parisien recevaient des indulgences afin de les inciter au financement des peintures.
De grandes figures dotées d'humanité et de détermination ont consacré leur temps et leur énergie, sinon leur vie, parfois leur argent, à soutenir et améliorer les conditions de vie des plus démunis. Des lieux d'accueil, d'hébergement, de nourriture, d'aide à la communication et la préservation du lien social se sont ouverts, et heureusement, pour soulager les nécessiteux qui se font de plus en plus nombreux.
Des associations humanitaires font ce qu'elles peuvent en fonction de leurs moyens financiers en partie soumis à la générosité. Les aides de l'Etat sont très insuffisantes, en particulier pour assurer un logement accessible à tous. Des décisions sont prises. Non suivies d'effet et de contrôle.
Tout cela est hélas trop peu tant est croissante la demande. En France et dans le monde.
Seule une politique volontariste et engagée, une éducation encadrée, une solide formation professionnelle, une relance économique intelligente, une meilleure répartition des richesses, un enrichissement contrôlé, régulé et taxé avec justesse, tout cela devrait permettre à l'Etat, s'il en avait l'intention, de gérer une situation intenable et indigne.
Ce serait tout à son honneur !
***